Published on May 15, 2024

Contrairement à l’idée reçue, la transition écologique d’une PME ne se limite pas à des gestes symboliques ; elle réside dans une refonte stratégique de son infrastructure numérique.

  • Héberger vos données au Québec divise leur impact carbone grâce à notre hydroélectricité.
  • Prolonger la vie de votre parc informatique de 3 à 5 ans réduit les GES de manière drastique.

Recommandation : Auditez vos choix d’hébergement et votre politique de renouvellement matériel pour transformer un coût caché en avantage concurrentiel durable.

Pour un gestionnaire de PME au Québec, la pression de verdir ses opérations est de plus en plus forte. On pense immédiatement au recyclage, à la réduction des transports ou à l’efficacité énergétique des bâtiments. La transition numérique, elle, est souvent perçue comme une solution intrinsèquement « propre ». Après tout, un fichier dans le cloud ne semble pas polluer. C’est une vision confortable, mais malheureusement incomplète. L’infrastructure invisible qui soutient nos activités numériques a une empreinte carbone bien réelle, souvent comparable à celle de secteurs industriels bien plus scrutés.

La plupart des conseils se limitent à des écogestes : envoyer moins de courriels, compresser les pièces jointes, éteindre son ordinateur. Ces actions sont louables, mais leur impact à l’échelle d’une entreprise reste marginal. Elles détournent l’attention des véritables leviers de changement. Et si la clé n’était pas de faire *moins* de numérique, mais de faire un numérique *plus intelligent* ? Si, au lieu de se concentrer sur les actions individuelles, on se penchait sur les décisions stratégiques qui façonnent l’ensemble de notre écosystème technologique ? C’est là que réside le véritable potentiel de réduction de l’empreinte carbone pour une PME.

Cet article propose de dépasser les platitudes. Nous allons explorer comment des choix d’infrastructure réfléchis, capitalisant sur les atouts uniques du Québec, peuvent non seulement réduire votre impact environnemental, mais aussi améliorer votre efficacité opérationnelle. Nous analyserons l’impact caché du numérique, l’avantage compétitif de nos serveurs locaux, l’erreur coûteuse du renouvellement systématique du matériel, et enfin, comment la technologie elle-même peut optimiser nos ressources physiques. Il s’agit d’une approche de la sobriété numérique non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité stratégique.

Pour vous guider dans cette réflexion stratégique, voici les grands axes que nous aborderons, en illustrant nos propos par des exemples concrets tirés de l’écosystème québécois.

Pourquoi vos courriels et votre stockage cloud polluent-ils autant qu’une voiture ?

L’impact environnemental du numérique est difficile à saisir car il est largement invisible. Un courriel ne dégage pas de fumée, et un fichier stocké dans le cloud semble immatériel. Pourtant, chaque action numérique déclenche une chaîne complexe d’opérations gourmandes en énergie. L’envoi, le transport et le stockage de données sollicitent des serveurs qui tournent 24/7, des routeurs, des câbles sous-marins et des systèmes de refroidissement massifs. L’énergie nécessaire pour alimenter cette infrastructure est la source principale de sa pollution.

Pour quantifier cet impact, prenons l’exemple du courriel. Un simple message texte peut générer environ 4 grammes de CO2 par courriel, mais ce chiffre grimpe à 50 grammes s’il contient une pièce jointe lourde. Multiplié par le volume quotidien d’une PME, le total annuel peut facilement équivaloir aux émissions d’une voiture parcourant plusieurs milliers de kilomètres. Le stockage de ces données “au cas où” dans des archives cloud n’est pas plus innocent : il maintient une demande énergétique constante pour des informations rarement consultées.

Le télétravail a amplifié ce phénomène. Les vidéoconférences sont particulièrement énergivores. Une analyse du gouvernement du Québec révèle que le streaming vidéo, incluant les appels en visio, représente près de 60% du trafic mondial de données. Le simple fait d’éteindre sa caméra lors d’une réunion peut réduire l’empreinte de l’appel de manière significative, surtout quand les données transitent par des centres de données américains alimentés au charbon. Comprendre cette pollution invisible est la première étape pour prendre des décisions éclairées.

Il ne s’agit pas de diaboliser ces outils, mais de réaliser que chaque octet a un poids et que leur gestion est un véritable enjeu stratégique et environnemental.

Serveurs au Québec : pourquoi l’hydroélectricité rend-elle nos données plus vertes ?

Une fois que l’on comprend que la consommation d’énergie est le principal facteur de pollution du numérique, une question stratégique s’impose : d’où vient cette énergie ? C’est ici que le Québec détient un avantage concurrentiel écologique majeur. L’électricité produite ici est à plus de 99% d’origine hydraulique, l’une des sources les plus propres au monde. Choisir d’héberger les données de son entreprise sur des serveurs situés au Québec n’est donc pas un détail, c’est une décision à fort impact.

Ce choix permet de diviser radicalement l’empreinte carbone de vos opérations numériques. Un centre de données en Virginie (un hub majeur aux États-Unis) alimenté par un mix de charbon et de gaz émettra des centaines de fois plus de CO2 par kilowattheure qu’un centre équivalent à Montréal ou Québec. La différence est spectaculaire et représente l’un des leviers les plus puissants et les plus simples à activer pour une PME québécoise.

Centre de données québécois utilisant le refroidissement naturel en hiver

De plus, notre climat nordique offre un second avantage : le refroidissement naturel (ou “free cooling”). Les centres de données génèrent une chaleur intense et leur refroidissement représente une part importante de leur consommation énergétique. En hiver, les installations québécoises peuvent utiliser l’air froid extérieur pour refroidir leurs serveurs, réduisant encore leur facture énergétique et leur impact. Le tableau suivant illustre clairement cet avantage hydroélectrique.

Comparaison de l’intensité carbone de l’électricité
Localisation Intensité carbone (g éqCO2/kWh) Source d’énergie principale
Québec ~1,3 Hydroélectricité
Ontario ~30 Nucléaire/Gaz naturel
Alberta ~530 Charbon/Gaz
Virginie (USA) ~300 Mix charbon/gaz

Opter pour un fournisseur cloud local n’est donc pas seulement un geste patriotique, c’est une action concrète et mesurable en faveur d’un numérique plus sobre.

L’erreur de remplacer vos ordinateurs d’entreprise tous les 3 ans

L’impact du numérique ne se limite pas à la consommation d’énergie des serveurs. La phase de fabrication du matériel (ordinateurs, téléphones, serveurs) représente une part colossale de son empreinte carbone totale, souvent plus de 80%. L’extraction des terres rares, la production des composants et l’assemblage sont des processus extrêmement polluants et gourmands en ressources. C’est pourquoi la politique de renouvellement du parc informatique est un levier stratégique majeur pour toute PME.

Remplacer systématiquement les ordinateurs tous les trois ans, sous prétexte d’obsolescence ou pour suivre les dernières tendances, est une erreur à la fois écologique et économique. Cette pratique alimente un cycle de surproduction et de gaspillage. La solution réside dans l’économie circulaire matérielle : prolonger la durée de vie des équipements. Passer d’un cycle de 3 à 5 ou 6 ans, en misant sur la réparation et la mise à niveau (ajout de RAM, remplacement du disque dur par un SSD), réduit drastiquement l’empreinte carbone associée.

Le reconditionnement est une autre pierre angulaire de cette approche. Selon les données d’acteurs québécois du secteur, opter pour un appareil reconditionné émet 9 fois moins d’émissions de GES que le recyclage, qui lui-même est bien préférable à la mise au rebut. Des entreprises d’insertion comme Insertech au Québec démontrent que ce modèle est viable. Depuis 1998, elles ont remis en état des centaines de milliers d’appareils tout en offrant une formation précieuse. Acheter reconditionné et faire réparer son parc informatique sont des actions concrètes qui soutiennent l’économie locale et réduisent la pression sur les ressources planétaires.

Plan d’action : Votre stratégie pour un parc informatique durable

  1. Privilégier l’achat de matériel reconditionné certifié localement.
  2. Implanter une politique claire de réparation prioritaire avant tout remplacement.
  3. Former les équipes TI à la maintenance préventive pour anticiper les pannes.
  4. Adopter des logiciels en mode SaaS (cloud-native) moins gourmands en ressources machine locales.
  5. Établir un cycle de renouvellement matériel de 5 ans minimum, au lieu de la norme de 3 ans.

En fin de compte, l’ordinateur le plus écologique est celui que l’on ne fabrique pas. Adopter une vision à long terme de son parc informatique est l’un des gestes les plus impactants qu’une PME puisse poser.

Capteurs intelligents : comment réduire la facture de chauffage d’un entrepôt de 20% ?

La transition numérique peut aussi être un puissant allié pour réduire l’empreinte carbone de vos opérations physiques. L’Internet des Objets (IoT) offre des solutions concrètes pour optimiser la consommation d’énergie dans les bâtiments, les entrepôts et les usines. Le principe est simple : des capteurs intelligents collectent des données en temps réel (température, humidité, présence, luminosité), et un système central ajuste automatiquement le chauffage, la ventilation ou l’éclairage pour répondre aux besoins réels, et non à des horaires préprogrammés.

Prenons l’exemple d’un entrepôt québécois. Traditionnellement, le chauffage est réglé sur une consigne fixe, qu’une zone soit occupée ou non, que les grandes portes soient ouvertes ou fermées. En installant des capteurs de température et de présence, il devient possible de créer des micro-zones de chauffage. Le système peut alors baisser la température dans les allées inoccupées, l’augmenter près des quais de chargement uniquement lorsqu’une activité est détectée, et anticiper les besoins en fonction des prévisions météorologiques. Ce pilotage fin et intelligent peut générer des économies d’énergie et de coûts de l’ordre de 20% à 30%.

Capteurs intelligents IoT installés dans un entrepôt québécois pour l'efficacité énergétique

Cette approche, où le numérique sert l’efficacité opérationnelle durable, s’applique à de nombreux domaines : gestion intelligente de l’éclairage dans des bureaux, optimisation des tournées de livraison grâce à des données de trafic en temps réel, ou encore maintenance prédictive sur des équipements industriels pour éviter les pannes et la surconsommation. Ici, la technologie n’est pas le problème, mais une partie essentielle de la solution. Elle permet de passer d’une gestion approximative à une gestion de précision, où chaque ressource est utilisée à son plein potentiel, sans gaspillage.

Investir dans un numérique sobre pour vos infrastructures physiques est donc une stratégie gagnante, transformant une dépense énergétique en un avantage compétitif mesurable.

Où jeter vos vieux serveurs et câbles pour garantir un recyclage à 100% au Québec ?

La fin de vie du matériel informatique est le dernier maillon, souvent négligé, de la chaîne de responsabilité numérique. Un vieil ordinateur ou un serveur obsolète est une mine de matériaux précieux (or, cuivre, palladium) mais aussi une concentration de substances toxiques (plomb, mercure, cadmium). Les jeter de manière inappropriée constitue un risque environnemental et une perte de ressources. Au Québec, une filière de recyclage structurée et sécurisée existe pour gérer ces déchets électroniques.

L’organisme clé est l’ARPE-Québec (Association pour le recyclage des produits électroniques). Sa mission est de gérer le programme québécois de récupération et de valorisation. Grâce à son réseau, ce sont plus de 175 000 tonnes de produits électroniques qui ont été détournées des sites d’enfouissement en 10 ans et traitées de manière responsable par des entreprises certifiées. Pour une PME, faire appel à cette filière est la garantie que le matériel sera démantelé et recyclé selon les normes environnementales les plus strictes, ici même au Canada.

Le processus est simple : l’ARPE-Québec met à disposition près de 1 000 points de dépôt officiels accessibles gratuitement, incluant de nombreux écocentres municipaux et détaillants participants. Pour les entreprises, la question de la sécurité des données est cruciale. Il est impératif d’effectuer un effacement complet et sécurisé des disques durs avant le dépôt. Certains partenaires de l’ARPE offrent même des services de destruction physique des supports et peuvent fournir un certificat de destruction, assurant une conformité totale.

Le message du porte-parole de l’ARPE-Québec, Martin Carli, est sans équivoque et souligne l’importance de ne jamais prendre ce processus à la légère :

Il ne faut pas mettre ces appareils-là sur le bord de la rue, parce que ça peut se retrouver n’importe où. Dans le bac de recyclage, ça ne va pas se retrouver dans un processus de recyclage approprié.

– Martin Carli, Porte-parole de l’ARPE-Québec, Radio-Canada

En bouclant la boucle de l’économie circulaire, vous transformez un déchet potentiellement dangereux en une ressource pour l’avenir, tout en protégeant les informations confidentielles de votre entreprise.

Moins de neige en hiver : comment l’industrie du ski québécoise s’adapte-t-elle ?

À première vue, le lien entre une station de ski et la sobriété numérique de votre PME peut sembler ténu. Pourtant, en tant que consultant, je vois ici une analogie puissante. L’industrie du ski au Québec est en première ligne face aux impacts du changement climatique. La réduction de l’enneigement naturel n’est plus une projection lointaine, c’est une réalité opérationnelle qui menace son modèle d’affaires. Face à cette contrainte externe inéluctable, cette industrie n’a pas eu d’autre choix que de s’adapter et d’innover.

Leur réponse n’a pas été de simplement “espérer plus de neige”. Elle a été technologique et stratégique. Les stations ont investi massivement dans des systèmes d’enneigement artificiel plus performants et moins énergivores, en utilisant des capteurs pour optimiser la production de neige en fonction de la température et de l’humidité. Elles ont diversifié leurs revenus avec des activités quatre-saisons. Elles ont amélioré leur gestion de l’eau, une ressource devenue critique. En somme, elles ont utilisé la technologie pour renforcer leur résilience face à une nouvelle réalité environnementale.

Cette transformation forcée est une leçon pour le secteur du numérique. Plutôt que d’attendre que la réglementation ou la pression sociale nous impose une sobriété numérique contraignante, les PME québécoises ont l’opportunité d’agir de manière proactive. L’industrie du ski nous montre que l’adaptation n’est pas une faiblesse, mais une stratégie de survie et d’innovation. Anticiper l’impact de notre propre “météo” – la croissance exponentielle du coût énergétique des données – et adapter notre infrastructure en conséquence est la démarche la plus pragmatique.

Comme les stations de ski qui ne peuvent plus compter sur un hiver constant, nos entreprises ne peuvent plus ignorer le coût énergétique croissant de l’immatériel.

Rénoclimat et LogisVert : comment obtenir jusqu’à 5000 $ pour vos rénovations énergétiques ?

Poursuivons nos analogies avec un autre secteur : la rénovation résidentielle. Des programmes gouvernementaux québécois comme Rénoclimat ou les aides offertes par Hydro-Québec (comme LogisVert) ont un objectif clair : inciter les propriétaires à investir dans l’efficacité énergétique de leur habitation. En offrant une aide financière pour l’isolation, le remplacement de fenêtres ou l’installation de thermopompes, le gouvernement reconnaît que le coût initial de ces améliorations peut être un frein, même si elles sont rentables à long terme.

Le parallèle avec la transformation numérique durable d’une PME est direct. L’idée derrière ces programmes est de provoquer un changement systémique. Le gouvernement ne se contente pas de dire aux gens de “baisser le chauffage”. Il subventionne l’investissement dans une infrastructure (l’enveloppe du bâtiment) qui rendra les économies d’énergie automatiques et pérennes. C’est une approche qui vise la racine du problème, pas seulement les symptômes.

Pour votre entreprise, la leçon est double. Premièrement, cela nous rappelle que les investissements les plus impactants sont souvent ceux qui touchent à l’infrastructure : choisir un hébergeur québécois, investir dans du matériel réparable, installer des capteurs IoT. Deuxièmement, cela souligne l’importance de rester à l’affût des programmes d’aide et des incitatifs qui peuvent exister pour la transition numérique et verte des entreprises. Bien que les programmes cités soient résidentiels, des initiatives similaires pour les PME voient régulièrement le jour. Adopter une démarche d’efficacité (numérique ou physique) peut ouvrir la porte à des subventions qui accélèrent le retour sur investissement.

Penser comme le ferait un gestionnaire de bâtiment appliquant à Rénoclimat, mais pour votre infrastructure numérique, voilà une perspective qui peut débloquer de la valeur cachée.

À retenir

  • L’impact carbone du numérique provient de l’énergie nécessaire pour fabriquer, alimenter et refroidir l’infrastructure.
  • Héberger ses données au Québec sur des serveurs alimentés à l’hydroélectricité est le levier de réduction le plus simple et puissant.
  • Prolonger la vie du matériel de 3 à 5+ ans via la réparation et le reconditionnement est plus efficace que le simple recyclage.

Comment observer les baleines dans le Saint-Laurent sans perturber leur habitat ?

Terminons avec une dernière métaphore, peut-être la plus poétique mais aussi la plus profonde. L’observation des baleines dans l’estuaire du Saint-Laurent est une activité économique majeure pour plusieurs régions du Québec. Au fil des ans, l’industrie a appris une leçon cruciale : pour que l’activité soit durable, elle doit se faire dans le respect absolu de l’animal et de son habitat. Des règles strictes ont été mises en place : distances à respecter, vitesse des bateaux réduite, interdiction de poursuivre les cétacés.

Le but n’est pas d’arrêter d’observer les baleines, mais de le faire de manière non-invasive. On cherche à profiter de la majesté de la nature sans la dégrader, à tirer une valeur (économique, touristique, émotionnelle) sans créer de perturbation. Cette philosophie de la non-perturbation est exactement ce que prône la sobriété numérique. Il ne s’agit pas de renoncer aux bénéfices incroyables de la technologie, mais de l’utiliser de manière réfléchie et mesurée, en minimisant notre impact négatif.

Concrètement, qu’est-ce qu’une “pratique numérique non-invasive” ? C’est concevoir un site web léger qui se charge vite et consomme peu de données. C’est choisir de ne pas envoyer une infolettre quotidienne si une hebdomadaire suffit. C’est désactiver la lecture automatique des vidéos. C’est questionner la nécessité de chaque donnée collectée et stockée. C’est, en somme, appliquer un principe de précaution et d’élégance à nos actions numériques, tout comme un capitaine de bateau d’excursion coupe son moteur à l’approche d’un rorqual.

Cette approche philosophique est le chapeau de toute stratégie technique. Pour que votre démarche soit complète, il est essentiel d’intégrer le principe de non-perturbation dans votre culture d'entreprise.

Allier performance et respect de l’environnement n’est pas un compromis, mais l’objectif ultime. Pour y parvenir, l’étape suivante consiste à passer de la réflexion à l’action en évaluant de manière critique votre propre infrastructure numérique et vos pratiques actuelles.

Written by Sophie Nguyen, Chasseuse de têtes spécialisée en technologies de l'information et chroniqueuse numérique, Sophie navigue au cœur de l'écosystème tech montréalais depuis 10 ans. Elle conseille candidats et startups sur les tendances de l'emploi, l'IA et l'industrie du jeu vidéo.